“… la crise nous a amenés à parler d’une “croissance négative” qui n’a choqué personne. Au point que la fonction de ce langage semble être d’interdire la contradiction, grâce à de telles formules, assez bien frappées pour être reprises par tout le monde, et, par là-même, ritualisées de sorte à paraître incontestables …

… Non seulement elles [ces formules] contiennent une chose et son contraire mais elles consacrent la confusion, en provoquant une sorte de sidération. Avec un effet anesthésiant qui permet de faire tout avaler …”

  Ce sont là quelques extraits de la longue interview accordée en 2010 par Annie Le Brun, écrivaine et critique littéraire, au site Marianne2, où vous pouvez trouver le texte intégral.

   Cette lecture ayant stimulé ma curiosité, je décidai de reprendre mon cours jusqu’à la prochaine escale. Je jetai l’ancre dans la baie de La Grande Librairie: François Busnel recevait, entre autres, ce soir-là, l’écrivain Laurent Binet, qui présentait son dernier ouvrage, La septième fonction du langage.

   L’intrigue débute par un fait divers réellement advenu: le 25 février 1980, le sémiologue Roland Barthes, qui vient tout juste de déjeuner avec François Mitterrand, futur candidat aux élections présidentielles, est victime d’un accident. Il est renversé par une fourgonnette, devant le Collège de France. Un mois plus tard, il succombe à ses blessures.

   Un grand bond de la réalité à la fiction, et l’accident n’est plus un accident, mais bel et bien un assassinat. Qui a tué Roland Barthes, mais surtout pourquoi?

   L’on découvre qu’au moment de l’accident, Barthes avait sur lui un manuscrit inédit du linguiste Roman Jakobson, théorisant La septième fonction du langage. Mais le manuscrit reste introuvable et celui qui, à présent, détient la septième fonction détient, en fait, le pouvoir, puisqu’il peut convaincre quiconque de n’importe quoi en n’importe quelle circonstance.

   Méditez, si vous voulez.

Bahia 2007
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