Ho nostalgia questa sera. Buzzati mi capirà. Certo, tante cose sono cambiate da allora, ma l’incantesimo, quello, è rimasto lungo i sentieri della Val Belluna. Se volete leggere con me queste poche righe. Sono tratte da:

BUZZATI Dino, La mia Belluno, pubblicato in un primo tempo nel 1959- 1960, il testo è stato poi ristampato nel 1992, dalla Comunità Montana Bellunese.

   Je suis nostalgique ce soir. Buzzati comprendra. Naturellement, beaucoup de choses ont changé depuis, mais le sortilège, lui, est toujours là, le long des sentiers du Val Belluna. Si vous voulez lire ces quelques lignes avec moi; il s’agit d’un texte publié, en un premier temps, en 1959/1960, puis édité à nouveau en 1992 par la Comunità Montana Bellunese.

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   DSC07844… Non è che Belluno e i bellunesi siano rimasti indietro. I segni dell’epoca, buoni e cattivi … si vedono anche qui. E la gente, notoriamente parecchio civile, è tutt’altro che retrograda. Ma in certi punti della valle si direbbe che il tempo si sia fermato, a cinquant’anni fa, a un secolo fa, a tre secoli. La natura, voglio dire, prati, piante, strade, case ha il sapore delle cose antiche. Ma adesso tento di spiegarmi meglio: alle volte, leggendo certi libri che parlano di altri tempi, vien fatto di pensare come sarebbe bello poter vivere quella vita, perché si ha la sensazione, appunto, che la vita, a questi tempi, fosse infinitamente più piena, ricca di spunti umani, pittoresca e imprevedibile. Tutto, è ovvio, dipende da un’illusione ottica o semplicemente letteraria. Però la sensazione (quella nostalgia di cose che non abbiamo conosciuto mai) è intensa. … E che vantaggio c’è? dirà qualcuno. È proprio certo che una volta si vivesse meglio? No. Può darsi anzi che si vivesse peggio. Ma quei tempi non ci sono più né mai potranno ripetersi per tutta la durata dei millenni. Solo per questo, anche se non lo erano, ci sembrano meravigliosi, e il trovarcisi dentro, sia pure per un breve incantesimo, è un lusso raro e squisito.

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  Ce n’est pas que Belluno et ses gens soient restés en arrière. Les signes du temps, bons ou mauvais qu’ils soient, se voient ici aussi. Et ces gens qui, de notoriété publique, sont extrêmement polis, sont tout autre que rétrogrades.    Mais à certains endroits, dans la vallée, on dirait que le temps s’est arrêté il y a cinquante ans, il y a un siècle ou trois. La nature, et par là j’entends les prés, les plantes, les routes, les maisons, a le goût des choses anciennes. Mais je vais tenter de m’expliquer. Il arrive, en lisant certains livres qui parlent d’autrefois, de penser qu’il ferait bon vivre cette vie-là, car on a justement la sensation que la vie, à cette époque, était infiniment plus pleine, plus riche d’humanité, pittoresque et imprévisible. Tout cela, c’est évident, dépend d’une illusion optique ou tout simplement littéraire. Mais cette sensation (cette nostalgie de choses que nous n’avons jamais connues) est intense. … Et quel est l’avantage? me direz-vous. Est-il bien sûr que l’on vivait mieux autrefois? Non, même était-ce peut-être pire. Mais ce temps-là est passé et ne reviendra plus pour les millénaires à venir. Ne serait-ce que pour cela, il nous semble merveilleux, et se retrouver là, au cœur, ne serait-ce que l’espace d’un sortilège, est un luxe rare et exquis. (traduction personnelle)

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