Candida attraversa il Terreiro de Jesus al suono del berimbau. Nello stesso istante, attraversa la piazza una bella signora. Chioma d’argento, lineamenti fini, sguardo sereno, ha in testa un bel cappello, diverso da quelli che si comprano alla Fiera di San Joaquim. Ricorda a Candida quelle stampe americane del secolo XIX. La signora le sorride, si salutano e si fermano, così, semplicemente. Ha il nome di un fiore. Dice di venire da Nuova York e che sta visitando la Bahia. Finiscono col parlare della bellezza del mondo e dell’esistenza di Dio. Un raggio di sole per chiudere un pomeriggio iniziato alcune ore prima, nel Solar do Unhão.

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   Un après-midi quelconque à Bahia – Candide traverse le Terreiro de Jesus au son du berimbau. Au même instant, une belle dame traverse la place. Chevelure argentée, traits fins, regard serein, elle porte un joli chapeau, différent de ceux que l’on trouve à la Foire Saint-Joaquim. Candide se souvient en avoir vu de semblables sur les gravures américaines du XIXe siècle. La dame lui sourit, elles se saluent et s’ arrêtent, comme ça, tout simplement. Elle a un nom de fleur. Elle lui dit qu’elle vient de New York et qu’elle visite la Bahia. Elles finissent par parler de la beauté du monde et de l’existence de Dieu. Un rayon de soleil pour clore un après-midi qui avait commencé quelques  heures auparavant, au Solar do Unhão.

   Candida è in anticipo. Mentre aspetta che il Museo apra le porte, si siede sulle vecchie pietre, vicino al mare. Una piccola barca oscilla a due passi dalla riva. Quattro pescatori svuotano le magre reti … Un guizzo nell’aria, un fremito sulla sabbia … un ultimo tentativo per raggiungere l’acqua, la vita.
Nel frattempo, è giunta l’ora. Sono gli ultimo giorni della mostra Estranhamente possìvel, opera audio-visuale degli artisti Mauricio Dias e Walter Riedweg…. un ultimo tentativo per raggiungere  l’acqua, la vita … Candida si lascia trasportare dalla corrente che, dall’isola di Sørfugløya, a nord della Norvegia, serpeggia fino al villaggio di Gamboa, là nella Bahia. Si dissolvono le pareti, solo rimane la voce del mare, e Candida riconosce la forza tranquilla e profonda di quelle donne senza fronzoli.

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   Candide est en avance. En attendant que le Musée ouvre ses portes, elle s’assoit sur les vieilles pierres, qui bordent la mer. Une petite barque tangue, à deux pas du rivage. Quatre pêcheurs vident leurs maigres filets. Un frétillement dans l’air, un frisson sur le sable … ultime élan vers l’eau, vers la vie.
Entre-temps, l’heure est arrivée. Ce sont les derniers jours de l’exposition
Estranhamente possível, une œuvre audiovisuelle des artistes Mauricio Dias et Walter Riedweg. … ultime élan vers l’eau, vers la vie … Candide se laisse porter par le courant qui, de l’île Sørfugløya, au nord de la Norvège, serpente jusqu’au village de Gamboa, ici dans la Bahia. Les parois s’estompent, seul reste le bruit des vagues, et Candide y reconnaît la force tranquille et profonde de ces femmes sans falbalas. 

   Lascia la mostra. Leggera come un fringuello, percorre la salita fino al mercatino di Piazza Dois de Julho. L’Avenida Sete è, come al solito, frastornante, un formicaio d’imbonitori, strilloni, venditori di pozione magica, ragazze che distribuiscono santini, santi e profani. Candida prende tutti i fogli che finiscono nella sua borsa di cotone biologico, ricordo di una vita anteriore. Una volta a casa, secondo l’umore, li leggerà o li getterà.

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   Elle quitte l’expo. Légère comme un pinson, elle grimpe la côte jusqu’au petit marché de la place Dois de Julho. Comme toujours l’Avenida Sete est bruyante, une fourmilière de camelots, de vendeurs de potion magique, de crieurs, de jeunes filles distribuant des images, sacrées et profanes. Candide prend au vol tous les papiers qu’on lui tend, elle les fourre dans son sac en toile bio, souvenir d’une vie antérieure. De retour à la maison, elle les lira ou les jettera, selon l’humeur.

   Oggi è un giorno splendido e lei legge il primo biglietto:
“Problemi di vista? Abbiamo la soluzione: comprate nuovi occhiali con i nostri sconti per la terza età”.
Legge il secondo:
“Siete pensionati, ma non è una buona ragione per sprecare il vostro tempo. Seguite i nostri corsi di computer”.
Candida ritorna con i piedi per terra, come se le avessero tarpato le ali. Essere e apparire.
– Caspita! Che occhio di lince, queste ragazze!
Hanno notato perfino i miei capelli grigi.
– Lo so, detto così, sembra il primo giorno di Quaresima. Visto che siete così perspicaci, aprite il terzo occhio e forse riuscirete a vedere anche l’arcobaleno che danza intorno a me.
Pensionata ?! Ecco qui una parola d’altri tempi. Mi sono svegliata, una mattina, e ho scoperto che durante la notte il Grande Fratello aveva cancellato questa parola dal vocabolario, pertanto, Ragazze, se mi date il vostro email, vi mando questo messaggio.

   Mais c’est aujourd’hui un jour splendide et elle lit le premier billet:
“Problèmes de vue? Nous avons la solution: profitez de nos rabais pour le troisième âge et achetez de nouvelles lunettes”.
Elle lit le second:
“Vous êtes retraités, mais ce n’est pas une raison pour perdre votre temps. Suivez nos cours d’informatique”.
Candide revient sur terre, comme si on lui avait coupé les ailes. Être et paraître.
– Mince alors! Ces filles, quel œil de lynx!
Elles ont même repéré mes cheveux gris.
– Oui, je sais, dit comme cela, ça ressemble fort au premier jour de Carême. Mais puisque vous êtes si perspicaces, Mesdemoiselles, ouvrez donc votre troisième œil et vous verrez peut-être l’arc-en-ciel qui danse autour de moi.
Retraitée?! Voilà bien un mot du passé. Je me suis réveillée, un matin, et j’ai découvert que, pendant la nuit, Big Brother avait effacé cette parole du dictionnaire, alors, les filles, si vous me donnez votre courriel, je vous envoie ce message.

Arroboboi, Oxumarê!!!*
– Oxumarê, chiedo scusa per gli errori, ma sai che sono nuova a questo tuo mondo.
Molto Axé** a tutti voi, specialmente a voi, ragazze, che il cammino è irto di scogli.

Arroboboi, Oxumarê!!!*
– Oxumarê, pardonne-moi, si je me trompe, mais tu sais que je suis toute nouvelle dans ton monde.
Beaucoup d’Axé** à vous tous, surtout à vous, les filles, car le chemin est semé d’embûches.

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* Saluto, in lingua yorubá, a Oxumarê, divinità del candomblé. Signore del movimento e dei cicli dell’universo, è rappresentato dal serpente e dall’arcobaleno.
** Axé, comme il ki, è l’energia, il soffio vitale, nel candomblé.

* Hommage, en langue yorubá, à Oxumarê, divinité du candomblé. Seigneur du mouvement et des cycles de l’univers, il est représenté par le serpent et l’arc-en-ciel.
** Axé, comme le ki. C’est l’énergie, le souffle vital, dans le candomblé.

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